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<title>Fleur sur le ring - vieille_catin</title>
<description>Fleur sur le ring</description>
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<title>Ligeti</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Fleur DORCAS)</author>
<category>Musique</category>
<category>Orange de Séville</category>
<category>Vieille catin</category>
<pubDate>Thu, 15 Jun 2006 17:30:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 15 juin 2006.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Il a dit &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://fleursurlering.hautetfort.com/archive/2005/02/09/rencontre.html&quot;&gt;Ligeti&lt;/a&gt; est mort&lt;/em&gt; et je ne le savais pas.&lt;/p&gt;
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<title>Ma vieille catin</title>
<link>http://fleursurlering.hautetfort.com/archive/2006/04/18/ma-vieille-catin.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Fleur DORCAS)</author>
<category>Vieille catin</category>
<pubDate>Tue, 18 Apr 2006 10:45:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Mardi 18 avril 2006.&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Tu auras beau te cacher, te faire oublier du reste du monde, disparaître de la conscience humaine, tu n’y échapperas pas parce qu’elle est en toi. Depuis le début, dès l’origine, à la seconde de ta conception, le processus a été lancé, irréversible&amp;nbsp;: n’est-ce pas parfaitement odieux&amp;nbsp;? Il n’y a nulle-part où fuir, où que tu te caches tu y portes ta mort. Tu la nourris jusqu’à maturité, elle est unique, à ta mesure. Tu voudrais creuser la terre te glisser sous les buissons, te terrer dans le noir où aucun œil ne te dévisagera ni ne t’envisagera, mais sans le savoir tu cours au-devant d’elle, ta petite mort. Tu n’es qu’un sac de peau rempli d’eau et de sang mêlés, et d’os en vrac qui bientôt cadenceront le glas. C’est en toi, c’est en toi, et si tu veux flinguer la mort, flingue-toi toi-même&amp;nbsp;!&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Je veux la voir venir, l’accueillir en boxeuse – mais par cette phrase je la transcende à mon tour. Je ne la verrai pas venir parce qu’elle ne fait qu’une avec moi, je ne l’accueillerai ni ne la regarderai dans les yeux, je ne lui ferai jamais face, il ne s’agira pas d’un duel. Eh bien, je me la coltinerai, ma mort, je veux la sentir, l’éprouver dans tout mon corps. Je ne veux pas d’une mort violente inattendue, je veux savoir que je meurs parce que je veux comprendre. Je veux baiser ma putain de mort, cette vieille catin tapie en moi. Elle est ma mort et aucune autre ne me va, pas une ne me sied sinon la mienne, sa petite gueule blafarde, ses lèvres rouges. Et de la savoir là, en moi, au moment où j’écris ces lignes, me fait crever de rire.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Vingt-trois novembre</title>
<link>http://fleursurlering.hautetfort.com/archive/2005/11/23/23-novembre.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Fleur DORCAS)</author>
<category>Vieille catin</category>
<pubDate>Wed, 23 Nov 2005 09:50:00 +0100</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;23 novembre 2005.&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Je portais &lt;a href=&quot;http://fleursurlering.hautetfort.com/archive/2005/03/15/ma_jupe_si_courte.html&quot; class=&quot;undefined&quot;&gt;cette jupe si courte&lt;/a&gt;, le 23 novembre 2004, et je descendais le côté ensoleillé de la rue. Parfois je fermais les yeux pour savourer les rayons du soleil sur mon visage, et je secouais la tête parce que mes cheveux étaient plus courts depuis quelques jours et je ne m’y habituais pas. J’ai aperçu ce type, assis sur les marches d’un magasin, adossé à une vitrine, la tête renversée en arrière, &lt;i&gt;il n’a pas finit sa nuit&lt;/i&gt; et sa nuit, je l’imaginais saturée de vapeurs d’alcool. Il avait remonté la capuche de son sweat blanc. Un homme en voiture s’est arrêté pour me laisser traverser au moment où la compassion pour l’homme assis épuisé me montait au cœur. J’ai minaudé un sourire que le conducteur n’a pas remarqué, occupé à reluquer mes gambettes sous ma jupette. La compassion m’est sortie du cœur et de l’esprit.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; La rue déserte, ensuite, à peine troublée par le remue-ménage des vieilles à la porte du cabinet médical, au loin. Le vent si tiède pour un 23 novembre, et en levant la tête, j’ai aperçu une vieille femme en chemise de nuit ouvrir ses volets. Je l’ai observée longtemps parce que je ne l’avais encore jamais vue, elle me faisait l’effet d’une mère-grand de conte de Grimm, j’aurais dû savoir que le loup rôdait aussi.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ce n’est qu’en me retournant pour glisser la clé dans la serrure de la porte d’entrée de mon immeuble que j’ai remarqué l’homme à quelques mètres de moi. C’était l’homme épuisé, mais il n’était plus le même que plus haut. Il avait rejeté sa capuche en arrière, il était bien réveillé, vif, rasé de près, d’allure sportive, et son sweat, son sweat si blanc, immaculé éclatant presqu’aveuglant fulgurant serait le mot juste, je ne l’avais pas entendu derrière moi en descendant la rue du côté ensoleillé, et maintenant il me fixait. J’étais contrariée, j’ai pensé que je devais refermer la porte derrière moi rapidement en entrant, mais je me suis raisonnée parce que je déteste céder à la panique et parce que je suis une vraie petite inconsciente, &lt;i&gt;je suis une boxeuse après tout&lt;/i&gt;, ce pourraient être les paroles de la chèvre de Monsieur Seguin, si sûre d’elle qu’elle en est risible, mais je n’en savais rien et j’ai laissé la porte se refermer derrière moi à son rythme.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ensuite je me suis tournée vers les boîtes aux lettres, j’ai su qu’il était entré derrière moi parce que la porte ne s’est pas refermée, je me suis retournée tout à fait, la porte a claqué à ce moment là&amp;nbsp;, j’étais seule dans mon entrée d’immeuble face à cet homme de 25 ans silencieux comme seul sait l’être le Diable. Il me fixait comme s’il voulait m’hypnotiser, en approchant doucement, sans un bruit comme s’il glissait au-dessus du sol. Il avançait sa main gauche comme pour me saisir le cou, mais c’est la lame de couteau qui dépassait de son poing droit qui m’a faite hurler. Les chiens de l’immeuble se sont mis à aboyer, il s’est arrêté un quart de seconde, j’en ai profité pour filer vers les escaliers de bois, les marches étrangement empilées comme des cercueils, j’ai hurlé le prénom de l’homme qui vit avec moi, en rajoutant &lt;i&gt;au secours&lt;/i&gt;&amp;nbsp;&lt;i&gt;!&lt;/i&gt; pour que l’homme au couteau sache que quelqu’un m’attendait, que je n’étais pas seule.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Je ne sais pas comment je suis arrivée à mon troisième étage, j’ai volé, je crois, et j’ai dû me glisser par le trou de la serrure pour entrer, parce que j’aurais été incapable de me concentrer pour glisser ma clé dans la serrure.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Les heures qui ont suivi, l’euphorie de lui avoir échappé, l’orgueil de l’avoir paralysé par mon cri, le temps de fuir. Le soulagement de n’avoir pas été effleurée. Le lendemain, la terreur à l’idée qu’il allait vouloir &lt;i&gt;finir le travail&lt;/i&gt;. La certitude que la terreur durerait toute ma vie et l’idée que pour en finir je n’avais plus que le suicide.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Pas de titre</title>
<link>http://fleursurlering.hautetfort.com/archive/2005/10/10/pas-de-titre.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Fleur DORCAS)</author>
<category>Vieille catin</category>
<pubDate>Mon, 10 Oct 2005 15:50:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lundi 10 septembre 2005.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Sur la route vers cet enterrement, vers ma petite tante dans son écrin vernis, sur la route, un brouillard en lambeaux, et les silhouettes des arbres découpées dans un carton sombre, pour une séance d’ombres chinoises. Je suis seule avec mes parents, ils semblent m’entraîner dans un monde de carton-pâte, un spectacle peut-être, dont le long défilé derrière le cercueil (déposé sans façon sur un chariot à roulettes) dans les rues (les automobilistes soudain figés à la vue de la boîte claire) de l’église au cimetière, sera le clou. Les quatre hommes sombres aux masques de croque-mort-à-son-affaire, chacun la main sur une poignée d’argent, veillant à contourner les bouches d’égouts et les crevasses de la chaussée. Le cortège informel encore bouffi des sanglots tirés par l’adieu à sa mère de l’une de mes cousines, déjà diverti par la vieille folle proclamant qu’elle ne restera pas la nuit entière. Mon vieux père malgré les lamentations de la vieille contemplant le cercueil de sa sœur déjà enfourné dans le ciment pour l’Eternité, jonché de fleurs aussi blanches, aussi vigoureuses, aussi enivrantes que celles d’une mariée.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Au cimetière encore, toutes mes petites mortes et mes petits morts en ribambelle, taillée dans un crêpe noir dont la Mort se drape, sous mes yeux en macabre farandole, souliers vernis visages de cire sourires de squelette, toutes mes petites mortes et mes petits morts fanfaronnant encore sous mes yeux alors que je sors du cimetière et que les blablas des retrouvailles étouffent les cris de la folle.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Quatre verres de Saumur et je les ai sommés de se recoucher chacun dans sa tombe. Ils ont obéit en me présentant leur profil d’enfants punis, enjambant leur cercueil tous les sept d’un même mouvement, claquant leur couvercle malicieusement les uns après les autres, pour un dernier raffut vengeur. Je n’ai pas eu le courage de les revisser, après tout ma huitième petite morte toute fraîche allait avoir besoin de compagnie pour sa première nuit sous terre. Pour elle : &lt;em&gt;Notre Père qui êtes aux Cieux&lt;/em&gt;, etc.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Mort</title>
<link>http://fleursurlering.hautetfort.com/archive/2005/10/06/mort.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Fleur DORCAS)</author>
<category>Vieille catin</category>
<pubDate>Thu, 06 Oct 2005 13:05:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 6 octobre 2005&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Comme soudain j’ai peur de la mort et comme j’irai demain à cet enterrement avec la trouille au ventre&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Vus de là-haut nous aurons l’air d’une colonie de fourmis transportant le corps mort de l’une des leurs, et c’est exactement ce que nous serons. Si désemparés devant la mort qu’il nous faudra suivre le rite en tous points – larmes, silence, accolades, mise en bière, mise en terre du cercueil molletonné où il semble que l’on étouffe (et je revois ma mère nouant autour du cou de sa propre mère le foulard de soie avant que le couvercle ne se referme – elle avait le cou si fin et ma mère pensait que ce serait plus douillet et elle disait &lt;em&gt;petite mère&lt;/em&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Au lieu de hurler d’angoisse, je me mords les lèvres et je voûte le dos pour supporter du ciel le poids et la froideur.&lt;/p&gt;
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<title>Les vieilles</title>
<link>http://fleursurlering.hautetfort.com/archive/2005/10/04/les-vieilles.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Fleur DORCAS)</author>
<category>Vieille catin</category>
<pubDate>Tue, 04 Oct 2005 19:05:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Mardi 4 octobre 2005.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Les papillotes de poisson, au four, respirent : le papier sulfurisé se gonfle et se dégonfle à une cadence régulière. Ce sont deux morceaux de vieille qui cuisent. L’homme qui vit avec moi raconte que les vieilles vivent dans les eaux des ports, qu’elles sont sales et qu’elles mangent n’importe quoi. Il ne veut pas de la chair des vieilles. Mais je persiste à veiller leur sommeil stupide dans le plat. Les vieilles respirent.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Plus tard, un coup de téléphone de ma mère : la sœur de mon père est dans le coma depuis hier soir. Elle est vieille et hospitalisée depuis un mois. C’est une vieille bien à plat dans un lit. Elle respire dans un sommeil frappé de stupidité. La conscience se retire la première. Le corps persiste. Son petit corps menu persiste. La vie arc-boutée en lui. C’était une toute petite tante touchante. Elle était vive. Elle est plutôt morte, désormais. L’image des vieilles au four me hante.&lt;/p&gt;
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<title>Fil</title>
<link>http://fleursurlering.hautetfort.com/archive/2005/06/03/fil.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Fleur DORCAS)</author>
<category>Vieille catin</category>
<pubDate>Fri, 03 Jun 2005 18:30:00 +0200</pubDate>
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&lt;strong&gt;Vendredi 3 juin 2005.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Je dérobe mes veines au fil du rasoir. Il attendra.
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<title>Mon empereur romain</title>
<link>http://fleursurlering.hautetfort.com/archive/2005/05/10/mon_empereur_romain.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Fleur DORCAS)</author>
<category>Vieille catin</category>
<pubDate>Tue, 10 May 2005 09:10:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;strong&gt;Mardi 10 mai 2005.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Les morts ne racontent jamais la mort. A ceux qui restent d’imaginer. Ceux qui les ont vu haleter les yeux vitreux tournés vers le plafond (et certains disent vers le Ciel alors qu’ils se contentent, les yeux, de rester centrés, et qu’il suffirait de redresser le mourant pour qu’il fixe le mur d’en face en haletant de cette façon que j’ai vu faire aux agonisants, avec méthode et application, en plein travail de mort). A ceux qui les regardent d’imaginer. Les mourants travaillent à mourir, ils meurent au sens actif du terme, et cela semble si dur de mourir… Les vivants maladroits bras ballants avec leur cerveau en parfait état de marche, ses milliers de connections à la seconde, les vivants ridicules d’impuissance regardant sans mot dire ou seulement en chuchotant parfois avec quelques larmes l’âme du mourant (vieillard, oncle, belle-sœur, tante, grand-mère) se débattre trancher un à un les liens qui la relient encore à la vie. On voudrait l’aider, parfois quelqu’un est là qui tamponne le front du mourant d’une compresse humide et fraîche, mais on a envie alors d’arracher les draps les vêtements que l’on croit sentir comme une chape de plomb sur son propre corps pour que cesse la suffocation. Sous le drap blanc on devine le corps épuisé par la besogne, le creux du bassin, les côtes, et souvent une infirmière a arrangé les bras le long du corps, par-dessus les draps, et les mains, au bout, sont inertes. Emouvantes. On pense avec effroi que les halètements peuvent cesser d’un instant à l’autre. On pense que tous les vivants dans la pièce, assis ou debout selon les caprices d’un invisible peintre académique en plein travail lui aussi, n’attendent que cet instant. Comme il est long d’attendre, et comme les larmes finissent par se tarir, et comme on en vient à espérer que la fin arrive vite, comme on finit par appeler la mort, on dit « pour qu’il ne souffre plus, enfin », alors que ce sont les vivants qui ressentent le besoin de respirer &lt;em&gt;enfin&lt;/em&gt;. Le mourant travaille à mourir, et on appelle la mort. Il a les yeux cernés et l’air de la pièce est vicié. Que fait-il que voit-il qu’entend-il a-t il chaud froid mal peur ? et brutalement tout s’arrête. Voilà, c’est fait, il est mort.&lt;br /&gt; Mon père, à propos de mon oncle pomponné &lt;em&gt;exposé&lt;/em&gt; dans une chambre mortuaire : « Il ressemble à un empereur romain », et c’est ainsi que je veux le garder, dans la peau d’un César pour les siècles des siècles.&lt;br /&gt;
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<title>Les petits coeurs des poids-lourds</title>
<link>http://fleursurlering.hautetfort.com/archive/2005/05/09/les_petits_coeurs_des_poids-lourds.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Fleur DORCAS)</author>
<category>Vieille catin</category>
<pubDate>Mon, 09 May 2005 09:00:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;strong&gt;Lundi 9 mai 2005.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Mon oncle est mort samedi matin. Il racontait comme il disait « Aux fines herbes ! » aux Allemands pour se moquer de leur « Auf Wiedersehen ! ». Il était le vilain gros canard de la famille. Ma mère le houspillait la moitié du temps. Elle se demandait où étaient passés, chez lui, les gènes aristocrates légués par leur mère, et (avant elle) par une lignée de femmes. Elle disait « Mon frère est vieux garçon. » Il était routier chez Belin. Enfant, je l’attendais au croisement du chemin de terre et de la route, dans l’herbe du talus. Il venait passer plusieurs jours à la maison. Il fallait se hisser dans sa cabine. Il racontait comment il se prenait pour un cascadeur en roulant debout sur la selle de sa moto, quand il était jeune et que les casques n’étaient pas obligatoires. Il ne parlait pas de la guerre d’Algérie, 36 mois à vingt ans. Il écoutait à la radio du camion les résultats sportifs avant de descendre embrasser tout le monde. J’apprenais la patience : je savais qu’il allait bientôt ouvrir la remorque de son poids-lourd ,m’y envoyer en mission pour récupérer les trois ou quatre caisses estampillées « Belin ». On les éventrait d’une lame de ciseaux, elles débordaient de paquets de « Pepito » et de boîtes de « Petits cœurs ». Cadeau de Belin à son routier. Il avait des taches de rousseur et un teint de rouquin, mais à mes yeux il était Ali Baba en personne. Si je voulais verser dans la psychologie de pacotille, je pourrais me demander si je ne cherche pas chez mes &lt;em&gt;poids-lourds&lt;/em&gt; de boxeurs les &lt;em&gt;petits cœurs&lt;/em&gt; de mon oncle. J’espère qu’il a été aimé par une femme un jour dans sa vie.&lt;br /&gt;
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<title>Photo</title>
<link>http://fleursurlering.hautetfort.com/archive/2005/04/05/photo.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Fleur DORCAS)</author>
<category>Vieille catin</category>
<pubDate>Tue, 05 Apr 2005 18:35:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;strong&gt;Mardi 5 avril 2005.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Je me souviens d’une photo de James Nachtwey qui m’ avait arraché les tripes. Un cadavre d’enfant dans une rue sablonneuse du Rwanda. Les chairs déjà grignotées par le temps jusqu’au squelette crayeux. Le bermuda clair autour du bassin, le crâne de l’enfant tourné sur le côté. Un enfant à l’état de squelette dans une rue. Les nuits et les jours indifférents au corps mort. Chaque jour après chaque nuit grignotant jusqu’aux os l’enfant abandonné. Un corps que nul n’avait ramassé. L’inouïe solitude du cadavre. Je chéris cette image parce qu’elle m’a pulvérisé le cœur. Je chéris cette image pour chérir l’enfant mort comme il aurait dû être chéri par celui qui l’a tué. Je le chéris viscéralement, je chéris les dernières minutes de sa vie, je chéris l’effroi de l’enfant, dans l’espoir d’apaiser sa mort. Je me dis que si le temps n’est pas celui que l’on croit, je peux aujourd’hui soulager un enfant à l’instant de sa mort survenue il y a plusieurs années, en le chérissant simplement.
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