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20/06/2005

Rien

Lundi 20 juin 2005.
Je tords le cou à mes vieilles rancœurs. Depuis quelques jours un drôle de rire intérieur me tient compagnie.
Par la fenêtre, je regarde les hommes du tennis repeindre en bleu piscine le court extérieur. Je m’attends à les voir en goûter la température de leur gros orteil. Comme s’ils avaient pu d’un simple coup de pinceau transformer le bitume en bassin. A présent ils marchent tous les trois sur l’eau, sans façon.
J’ai écouté ma Polonaise jouer Debussy à quatre mains. Je suis entrée par les coulisses sur la scène, j’ai salué le public absent avant les deux pianistes en pleine répétition, j’ai jeté un coup d’œil sur leur partition, le ring linéaire à cinq cordes investi par des centaines de petits boxeurs noirs. Pas un blanc à ma connaissance. J’ai salué mes héros lilliputiens d’un clin d’œil mental, Debussy a fait le reste.
J’ai demandé à la petite fille de six ans et deux nattes Ca va à l’école ? Elle sautillait sur une marelle imaginaire sans me répondre.
A ce jour, nous sommes toujours sans nouvelles de Whispers.

10/06/2005

Avis de recherche

Vendredi 10 juin 2005.
Whispers : ton lien ne fonctionne plus depuis un sacré bout de temps, où as-tu caché ton Tunisian-blog ???
Pulsar : plus de nouvelles depuis plusieurs semaines, impossible de trouver son adresse e-mail, toute personne ayant des renseignements sur la fille qui le séquestre est priée de se faire connaître.
Le Klebs : non seulement il n'y a rien de neuf sur ton blog depuis début mai, mais en plus il est désormais impossible d'y rajouter un seul commentaire. Que deviens-tu ?

10:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

25/02/2005

Dîner

Vendredi 25 février 2005.
Dîner ce soir ici avec deux autres couples d’amis. Je n’ai pas envie de leur dire que je tiens ce blog, c’est mon secret, mon île perdue, je veux être toujours dans un monde à part dans la blogosphère. Comment rire sur le blog d’Axis, réfléchir sur celui d’Anaximandrake, m’étonner sur Newbie Océan, m’extasier devant les œuvres de glace de la Princesse aux petits pois, prendre le pouls japonais d’All-zebest, fouiller Et si ?, halluciner sur Bulle, m’éclater sur Marie-Cécile, (je m’étais promis de les mettre tous, mais j’en ai assez, et j’ai encore le ménage et la cuisine à faire, alors j’arrête en mentionnant le héros de mon enfance, Don Diego de la Vega ), donc je ne pourrais plus si je sais que quelqu’un de mon monde physique y rôde. Je me demande comment fait Raphaël Juldé pour écrire sur tous les écrans connectés à son mégalo journal qu’il se branle. Il faut une sacré dose de courage.
Récupéré la 106 plus pourrie du tout, avec son capot neuf, mais le garagiste m’a sévèrement fait remarquer l’état inquiétant des pneus, et que le cardan était prêt à lâcher. Je me suis humblement étonnée « Vous croyez ? » et j’ai promis de repasser, mais l’état de mon compte ne me le permettra pas avant un sacré bout de temps. J’ai parfois des envies de braquages, et Monsieur P. trouve ça bizarre. Tout ça parce que je n’ai pas de travail, et que je me fantasme élégangster – mon nom serait Edgar Zanzerro.
J’aime le ciel bleu vif au-dessus de la ville, je reconnais en traversant le skate-parc mon Marseillais de 17 ans, je lui fais un signe, il est occupé à draguer une fille de son âge, il me sourit, il fume, il a une main dans la poche, et ça m’a tout l’air d’être une affaire qui roule pour lui.

15:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

15/02/2005

Blogoblues

mardi 15 février 2005.
Mes premiers pas dans la blogosphère me rendent amère. De petits mondes se sont créés. Ceux où l’on parle en langue SMS, ceux où les filles écrivent des poèmes, ceux où l’on intellectualise tout, ceux où l’on raconte sa vie, et les autres, consacrés au cinéma, à la littérature, à un chanteur, etc.
La grande Toile n’en est plus une où jouer les funambules, elle s’est naturellement divisée à la façon d’une cellule, et désormais chacune des cellules ainsi créées est autonome. Chaque individu fait partie d’un ghetto et je suis celle qui reste seule, amère, je suis celle qui voulait jouer les funambules.
Tous ces petits mondes reposent sur le contentement de soi. On s’y auto-congratule, on y retrouve ses pairs. Mon drame, qui me condamne à griller dans ma forêt de solitude, est de rechercher l’étranger à moi. Je cherche autre chose. Dans la vraie vie, gracile et fragile, j’ai trouvé la boxe. Ici, je ne trouve rien, parce que rien ne repose sur rien, personne ne semble avoir de doute sur rien, personne ne se donne, personne n’a l’air de savoir que nous sommes toujours seuls. Ici, tous trouvent un roi à acclamer, et tous s’en contentent.
Je suis aussi amère que mon orange de Séville, je coupe mon ordinateur, et je me jette à la rue, je fais semblant d’être belle, je me promène habillée en pute, dans ma mini-jupe de skaï rouge, au milieu de souris grises habillées en secrétaire.