Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

29/12/2006

William Gaddis

Vendredi 29 décembre 2006.

 

            Aujourd’hui c’est mon anniversaire, et je vais vous raconter une histoire sans artifice, pour une fois, en hommage à William Gaddis, dont c’est aussi l’anniversaire – quatre-vingt quatre ans, my God !

            Chaque 29 décembre, je porte un toast à sa santé, il est mon William, mon jumeau astral, mon phénoménal écrivain américain. Une année, c’était peut-être en 1995, j’ai découpé sa photo dans Le Monde des Livres, il posait assis dans un jardin, et peut-être voyait-on la mer, au-delà des arbres. Je l’ai placé sur ma table de chevet, je l’ai sacré empereur de mes lectures nocturnes, et pendant des mois il m’a regardée lire et m’endormir, brûlé à petit feu par la chaleur de la lampe de chevet – et la photo jaunissait et rétrécissait, c’était un incroyable portrait vivant de Gaddis, et son teint jaune de vieux coing me faisait rire. Je lisais Les Reconnaissances en lui lançant des clins d’œil pour ses recettes de faussaire merveilleux, et parfois il disparaissait plusieurs jours sous une pile de livre que je devais chahuter ensuite pour le retrouver.

            Le 16 décembre 1998, c’était un mercredi, aussi incroyable que cela puisse paraître je m’en souviens parce que j’ai retrouvé la photo de mon William par-terre. Elle était déchirée, mais Dieu merci il ne manquait que l’un de ses pieds et un morceau de paysage. Je l’ai installé sur la glace, et pincé entre le cadre et le miroir, il est devenu le témoin de mes quotidiennes, précises poses de peintures de guerre. Si Gaddis n’avait pas perdu son pied il aurait pu me botter le derrière – write and die if you dare ! – mais il lui manquait ce fameux pied depuis le 16 décembre, je pensais que ce n’était pas grave, du moment que sa belle gueule d’écrivain me regardait toujours, et d’ailleurs

            jeudi 17 rien de spécial,

            vendredi 18 supplément littéraire du Monde, pas grand chose

            samedi 19 mollesse

            dimanche 20 paresse.

            Lundi 21 décembre 1998, en ouvrant le journal je suis tombée sur une grande photo de l’écrivain, ce n’était pas la même que celle que j’avais découpée des années plus tôt. Elle était sous-titrée L’écrivain William Gaddis est mort mercredi 16 décembre 1998.

Commentaires

Si ça peut te consoler (mais me suis-je moi-même remis de la mort de Michaux-deuils d'une vie ?) J'ai décidé depuis "jumeau de revolte" de te tutoyer, mais ça m'est très difficile, Fleur...Alors je me dis , c'est elle qui choisira.
Idée: quel livre de cet auteur nous conseilles-tu s'il te plaît ?

Écrit par : koan | 29/12/2006

Ce nom sonne comme une marque de whisky, je ne connais pas en somme cet irlandais inconnu (ça fait mieux irlandais d'Amérique !) mais il est des personnages comme ça qui nous accompagne…ENFIN… joyeux anniversaire tout de même Fleur…

Écrit par : LTDS | 29/12/2006

Je dois dire à ma grande honte que je ne connaissais pas M'sieur Gaddis. Après une petite recherche vite faite, les cinq romans ont l'air tous plus déjantés les uns que les autres et surtout ont l'air de s'attaquer à des choses qui méritent qu'on s'y attaquent. Merci, je vais lire tout ça dans l'ordre pour voir !!!
:-)

Écrit par : filaplomb | 29/12/2006

Filaplomb quelle énergie ! Tu m'en diras des nouvelles, il y en a deux que je n'ai pas, c'est "gothique charpentier" et "le dernier acte".
LTDS, merci ! Une marque de whisky, pourquoi pas si l'on considère l'ivresse de la lecture...
Koan, le "tu" me fait plaisir, nous allons voir s'il s'installe naturellement, cher jumeau... "Les reconnaissances" est un énorme pavé, c'en est presque monstrueux, essaie pour voir, mais il n'est jamais sorti en poche, je ne sais pas si l'on peut encore le trouver. Sinon "Agonie d'agapê", roman posthume, le monologue d'un vieil homme malade, regard sans complaisance sur le monde.

Écrit par : Fleur | 30/12/2006

Euh. Je..; ce... ça a l'air chouette ... (sourire jaunâtre)...
Vous / tu devez / dois avoir une bonne vue...

Écrit par : koan | 30/12/2006

C'est le pavé qui te décourage ou le vieil homme à l'agonie ??! ;-))

Écrit par : Fleur | 31/12/2006

Le pavé. J'ai commencé un Salman Rushdie qu'on m'a offert, c'est bien, mais je suis comme les enfants, l'épaisseur des livres m'effraie. Je ne crois pas que je vais pouvoir continuer, ça m'étouffe Comme vous savez, j'aime les poêmes courts.
Pas moyen d'accéder à Pekin aujourd'hui...

Écrit par : koan | 31/12/2006

Chère Fleur, avec une heure d'avance je vous souhaite une super année, avec de la musique contemporaine, des auteurs aussi méconnus que géniaux, des robes rouges, des perruques, une créativité débordante, des matchs de boxe explosifs, des tangos (pas tangui au pluriel, non, non) dans une lumière dorée pétllante comme champagne tout en bulles, des amis, des gens profonds, graves ET drôles, de la vie franche, élégante, sans FARD, vraie, belle et libre, du jazz, des rues souriantes et pleines d'imprévus.
Mille smacks.
Mesdames et messieurs, qu'on se le dise, l'auteure de ces lieux est fabuleuse, fa-bu-leu-se, et c'est une merveilleuse camarade de blog, franche et sage et talentueuse. Voilà.
Merci Fleur :)))

Écrit par : koan | 31/12/2006

Euh..Je sais pas si c'est le décalage horraire ou je ne ne sais quoi, le trop de champagne surement...
Enfin, je te vouvoyes encore un peu pour la forme si tu veux et je vous souhaite un bon millènaire...

Je roulais dans Paris, matinal, les rues pratiquables -entre deux coups - c'était l'heure de ceux qui sont en retard...
"La boite aux yeux dans les coins ()" encensait l'habitacle et Nougaro - pour un Embarquement immèdiat - respirait la joie de vivre...Je poussais un peu le volume. Je me dirigeais vers le periphèrique et d'autres fleuves, roulais tranquillement les quelques artères qui m'en séparaient encore, je n'étais pas pressé...
Je songeais à satisfaire ce besoin simple de prendre le temps d'un ou deux croissants, d'un bon cafè, à peine le temps de trouver celà bizard, mes yeux, mon estomac peut-être cherchaient la terrasse de novembre...
A ma grande surprise -prévoyante machine - d'un coup sournois du voyant, le véhicule m'avisait du nombre de kilomètres que je pouvais encore faire...
M'interrogeant encore, Je marquais un arrêt au feu et sur le shèma de fonctionnement : admission, compression, explosion, échappement...Je rêvassais, on claxonnait ou claque-sonnait, je m'échapais pour quelques temps de l'engrenage, reprennais mon chemin...Cette idée me tannait, analogies et conjectures elle m'etonnait...Je cherchais dans le ciel un reflêt de l'océan, l'écho des nuages... C'est des nues que vînt la réponse, elles profitaient de la lunette ; un cheveu de notre astre berçait doucement le lieu d'un cercle lumineux découvrant un îlot quasi minéral... Je frisais l'auto-censure...
J'abordais une presque-place ; sur le côté opposé je discernais derrière quelques arbres, clignotant, lumineux, le nom d'un estaminet :"Le Flore Keaton". La petite station toute proche était ouverte. Je vis quelques places de parking libres près des arbres, j'indiquais mon changement de direction, fis le tour, me faufilais...deux voitures me précèdaient, quelques mètres encore, les pneux épousaient le bateau, je me rangeais à la file et fis la queue...
L'odeur du cafè flottait et - bien qu'embaumé d'une multitude - j'en percevais - mieux que la promesse - l'arôme imprégné perçant les ethers...J'attendais patiemment, j'augmentais le volume encore un peu et coupais le moteur... J'étais bien...
Une certaine statique naissait, j'étais attentif à Claude, très attentif je vous l'accorde...à travers les vitres de la voiture devant je regardais un "morceau" de pompiste qui s'agittait, je me demandais s'il négociait un petit coup sur le parre-brize , s'il allait s'en sortir avec les deux dames qui dans une sorte d'absence imposée se pausaient là...J'allais bientôt leur dire -comme si j'avais eu ce rôle dans l'histoire - que les gens qui se trouvaient là souhaitaient vivement chacun leur tour prendre les devants et en finir avec ce rituel - il m'arrive d'être drôle parfois dans ces moments là - mais je ne sais trop pourquoi, je décidais d'observer la scène et préferais -pour un temps - le rôle de "projectionniste" en retard...
Je ne sais pas non-plus ce que ces géomètres encombrés - des pointures surement - mesuraient à tours de-bras, un projet soutairrain sans doute, le fouissement de nouvelles cuves verticales ou le prochain maillage fibropticall du quartier...
Marlgrès les effluves un air libre pregnait l'atmosphère. Il y avait encore des pompistes...je sourais...
Le CD passait d'un morceau à l'autre, la fille devant sortait de sa voiture. Une ambiance nouvelle semblait prendre sur le parvis d'un garage...Je revis les quelques mouvements - que j'avais vu sans voir - qu'elle fit pour s'extraire, ses quelques pas, un geste de la main sur les plis de sa juppe, elle se tournait vers moi ; usa-t'elle alors de magie, d'un pouvoir sur les éléments ? Le cadre fondait, j'étais rivé à mon siège, mes yeux à un triangle impétueux et joueur... Le vent se jouant du gris souriait au soleil balançant légèrement ses cheveux...ma main gauche s'agitait dans le vide et cherchait son chemin...
Implorant le temps d'entre les secondes j'évitais d'imploser et priait -un temps doux- qu'il dure...Je me redressais, hochais la tête ostensiblement, lui rendais son sourire...A travers le carreau j'articulais deux mots "bonjours Mademoiselle" peut-être, tentais de les mettre dans l'ordre...
J'inspirais tout en expirant, le moment était comme figé. J'imprimais des lignes des courbes, le style...Je ne sais si cet endroit avait quelque-chose d'indiqué, de particulier...Le thème se fit mystèrieusement complice...En toile de fond -contraste sur contraste- je ne sais si l'on attendait la mousson prochaine à Panam- les nuages "gris grosse-goutte" -adieu terrasse- achevaient de brosser le site...L'air déjà se chargeait d'élèctricité et semblait réclamer d'avance sa part... Je savais cet air là gris-bleu bizzarement printannier, cette odeur de terre et d'acier forgé ...Je savais cet air là...
Le nom du bistrot petillait d'insouscience...
J'inspirais fort tandis que plus sombre encore -vapeur de café- tout le ciel se pressait au thèatre...
J'épousais l'assise du fauteuil, fronçais les sourcils et clignais plusieurs fois des yeux currieusement fatigués... J'étais petrifié par la vision d'une fille dont le sourire ne finissait plus...
Je regardais mon écran noir et bleu, les lettres blanches...Je vivais -je ne sais- peut-être un "space-time béni", du temps plissé entre les êtres...J'avais chaud...
Passant machinalement la main dans mes cheveux je me recomposais, n'allumais pas de cigarette...Je devais sortir...Il fallait que je salue le ciel, que je la remerciat pour son sourire, je devais...
Je pourfendais à nouveau les uns et les zéros, ma main attrapait la poignée, je profitais de l'ouverture. Je savais que faisant celà -pas de deux- j'entrais dans sa danse mais il fallait que je sache...
Cette fille vivait-elle au sein des passages impromptus le bonheur de sens supplèmentaires ? Savait-elle bien ce lieu -elle aussi- où j'étais étrangement propulsé séant tel par le coup de pied au cul d'une botte de sept lieues ?
Je sentais sa présence vive, espiègle oindre la scène et cette "latente imprignition" qui prennait sur le temps réel...J'avais comme l'impression de vivre le début d'une histoire anciènne et j'en pré-sentais les sons, les formes, l'horizon literal...
"Le Flore Keaton"...
Se jouait-elle des dimensions ? Que ressentait-elle ? Connaissait-elle ce sidèrant littoral ? Nos chemins étaient-ils de traverses ?
Sur un premier coup de tonnère j'achevais de relire, de saisir les mots qu'elle ne disait pas et qui écumaient les plages de ses deux océans...
Sur un coup de tête je levais les yeux et consultais mes pairs...Pas de contre-indication particulière...
Jupiter, souriant et ravi qu'on l'amusat encore me donnait son feu vert...
Je remerciais Claude Nougaro, le cadre à prèsent empruntait à la perfèction...
Tel Ulysse et la balle au bon -celà ne dura que le temps d'un éclair- mes doigts arrachaient presque le loquet, j'ouvrais la portière...
Déscendant de voiture je fis quelques pas vers elle...Quelquechose mirroitait...
Je voyais un inter-rupteur...
Je ne sais plus dès les premières gouttes qui d'elle ou moi souriait le plus, je me souviens que nos regards ne quittaient plus le croissant des profondeurs...

Bonne année Fleur

Pessah

PS : Il est tôt ou tard alors pardon pour les fautes...

Écrit par : Pessah | 01/01/2007

Bonne année 2007 Fleur,
très,

Écrit par : madin | 01/01/2007

Je suis vraiment désolé pour les fautes en tous genres...
Seuhlà noeud soret s'heureux pro-d'huir, Giveil yeux raie Père Sonne Elle-man...

Écrit par : Pessah | 01/01/2007

Pessah, quel exercice de virtuose ! J'en reste sans voix, merci pour tous ces clins d'oeil, j'apprécie énormément... Ca faisait longtemps que je ne vous avais pas entendu, bonne année à vous, joie, santé, bonheur, sourires, mains dans les cheveux et tutti quanti !

Koan, merci pour cette déclaration d'amitié qui me touche. Je ne suis pas fabuleuse, hélas, mais que vous m'appréciez me rend déjà meilleure ;-) Bonne année, Koan !
(pour le pavé ce n'est pas grave !)


Madin, merci !! Contente de te revoir (relire) ici ! Mille voeux de bonheur !!

Écrit par : Fleur | 02/01/2007

Bonne annéversaire, P'tite Squaw !

Écrit par : Pulsar | 02/01/2007

Merci Pulsar, mon cow-boy au grand coeur !

Écrit par : Fleur | 02/01/2007

Bonne année FLeur !

Écrit par : profdisaster | 02/01/2007

Il n'y a pas de hasards, il n'y a que des rendez-vous, comme disait quelqu'un.
Bonne année (et toutes ces sortes de choses).

Écrit par : Charlotte (sometimes) | 03/01/2007

Il n'y a pas de hasards, il n'y a que des rendez-vous, comme disait quelqu'un.
Bonne année (et toutes ces sortes de choses).

Écrit par : Charlotte (sometimes) | 03/01/2007

Agonie d’agapé, c’est le bouquin qui se trouve sous ma main. Je ne pouvais te présenter mes voeux sans m’apprêter à commencer la mienne avec William Gaddis.

Écrit par : Diablo | 09/01/2007

Olé !! C'est génial, Diablo !!!!! Tu as déjà lu autre chose de lui ?

Écrit par : Fleur | 09/01/2007

Les commentaires sont fermés.