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01/12/2006

Sans paroles

Vendredi 1er décembre 2006.

          Comme j’écoutais dans la voiture ce Trio avec piano n°25 de Haydn, en attendant mon tour à la station service,

          un génial metteur en scène invisible, le hasard, a disposé tout autour de moi en quelques secondes, les personnages typiques d’un Buster Keaton. Les deux vieilles commères discutaient au beau milieu de la scène – elles hochaient la tête pour se congratuler de leur bonne santé – gênant ainsi dans leur travail deux géomètres affublés par l’accessoiriste de mètres pliants et de papiers, sur lesquels se dessinait le squelette du garage. Ils comparaient sans cesse leurs résultats et contournaient à peine les deux femmes, prenant presque la mesure de leurs pieds pour les inclure dans leurs calculs. L’employé efflanqué dans son bleu de travail se grattait la tête en courant des géomètres aux deux vieilles qui n‘avaient pas encore réglé leur carburant, puis acquiesçait aux ordres du patron qui voulait satisfaire un client impatient et sa femme revêche.

            Il ne manquait plus que la romance et ses yeux charbonneux, ses cheveux mousseux, son teint pâle et sa bouche rouge, si bien que j’ai souri, en descendant de voiture, à l’homme qui attendait derrière moi, pour la perfection de la scène.

Commentaires

Rassurez-moi, vous avez bien éteint votre cigarette ?

Écrit par : koan | 01/12/2006

excellent..vraiment. ça sent le vécu, l'authentique, le roots, quoi.

Écrit par : gmc | 01/12/2006

Joli regard !

Écrit par : MrBlue | 02/12/2006

Joli regard !

Écrit par : MrBlue | 02/12/2006

Cocasse, et si bien décrit...

Écrit par : sios | 02/12/2006

vous prenez toujours les mots pour des balles?
sinon on aimerait bien être une contrebasse entre vos mots (mains) quitte à "manquer" les notes

Écrit par : ambre | 02/12/2006

Le dit Monsieur répondit-il ?
Qu'advint-il après ?
Grrrr… Ca frustre de ne pas avoir la suite quand on est aussi bien installé dans un texte ! :-)

Écrit par : filaplomb | 03/12/2006

"l'homme me rendit mon sourire et..."
c'est vrai qu'on se sent bien, dans vos mots, contrebasses et volutes de fumée. je découvre. bonjour.

Écrit par : Charlotte (sometimes) | 03/12/2006

Yes, Koan...
Ambre et Charlotte sometimes, merci pour ces commentaires, bienvenue...
Merci aussi, gmc !
mr Blue, c'est mieux qu'avec le cocard à l'oeil droit ? ;-)
Sios, cocasse, c'était typique des films muets !
Filaplomb, c'est à toi d'inventer la suite !

Écrit par : Fleur | 03/12/2006

C'est beau, tellement si beau...une station d'essence (!)...

Revers:

Écrit par : anonymus | 03/12/2006

mince ! mon comm. a été à moitié mangé..

un signe insigne signifiant ? pour dire que j'aime me perdre dans ce blog et sans travers... sur un cour(s) même pas couvert la nuit quand il pleut... des météorites...

Écrit par : anonymus | 03/12/2006

Je ne suis pas Bouddha.
Il eut été assez astucieux de l'être; je ne l'ai pas été.
Bouddha a raison, mais il rejette une partie de la réalité en bloc.
Est-ce bien raisonnable?
Aujourd'hui?

Bonjour à Keaton.
Tu savais qu'il a été l'ami de Beckett le temps d'un film.

Beckett et Keaton, drôle de couple.

Tu connais le film où il est poursuivi par une multitude de femmes féroces?
C'est à mourir de rire.
Toute cette colère derrière Buster.
Le plus innocent des hommes.

Écrit par : Gyorgy | 03/12/2006

Bien sûr Gyorgy que je connais ce film, BK est mon héros, toujours si sérieux, même face à la horde d'hystériques, mais je ne savais pas qu'il connaissait Beckett.
Anonymous, merci, je file vous voir dès que possible ! Trois "nouvelles personnes" ici aujourd'hui, c'est jour de fête !

Écrit par : Fleur | 03/12/2006

mais les anciennes connaissances me font aussi chaud au coeur, Mimy, merci !!

Écrit par : Fleur pour Mimy | 03/12/2006

Fleur : c'est bien ce que je craignais !
Ah l'imaginaire…
:-)

Écrit par : filaplomb | 03/12/2006

C'est sous rites grammaticaux que l'on débusque les participes passés.

Écrit par : Big Brother | 05/12/2006

Si j'ai souri/t/ ?

Écrit par : | 05/12/2006

Rien n'échappe à Big Brother ! Shame on me, ça m'apprendra à relire mes textes avant de les mettre en ligne... Je corrige. Merci.

Écrit par : Fleur | 05/12/2006

Un regal de plus, comme celui qui m'a permis par ton intermédiaire de passer cette excellente journée à l'autre bout d'ici.

Écrit par : syb | 06/12/2006

Mais je n'y suis pour rien, c'est Anne qui est chaleureuse et accueillante ! Raconte !

Écrit par : Fleur | 06/12/2006

on ne peut pas le nier, vous avez un certain talent...
mais vos textes semblent parfois des prétextes pour introduire la scène où vous tentez de séduire un homme ou une femme...
vous allez dire : et alors ?
le problème est que la séduction est un procédé de manipulation d'autrui,
"se ducere" signifie "ramener à soi", "réduire à soi", en d'autres mots, je prends quelqu'un dans le filet de mes intentions
d'un point de vue éthique c'est malsain

Écrit par : kidam | 11/12/2006

Voilà pourquoi j'ai choisi la boxe, là il n'est question ni de séduction, ni de poses ni de poudre aux yeux. Si je ne sais pas boxer, je prends des coups, et ça fait mal. Dans les textes sur la boxe (catégorie boxe", à gauche), vous ne trouvez pas de traces de mes filets, n'est-ce pas ?

Cela dit, le point de vue éthique m'importe peu en ce domaine. Je ne trouve pas la séduction éthiquement reprochable, de toute façon. Je ne "séduis" pas pour manipuler. Je séduis pour le jeu et la complicité qu'il suppose : le/la séduit/e est d'accord pour être séduit/e.

Écrit par : Fleur | 11/12/2006

j'ai presque envie de dire qu'on est entre adultes consentants
alors quelque soient les filets, pretextes ou combats, je pense qu'on a bien aimé se laisser prendre

Écrit par : ambre | 11/12/2006

( je note la réponse sur la boxe et j'attire l'attention que j'ai nuancé, j'ai dit "les textes semblent parfois" )

je comprends et souscris à ce qui vient d'être dit,
loin de moi l'idée de plaider pour une morale puritaine,

cet écrit suscite toutefois une question d'éthique,
d'honnêteté donc, de l'auteur envers le personnage masculin et le lecteur,
et je pense que ce n'est pas couper le cheveu en quatre que d'essayer de l'éclaircir car elle implique l'idée d'art elle-même, elle peut illustrer ce qui est art et ce qui ne l'est pas,
il y est dit : "j'ai souri à l'homme...derrière moi pour la perfection de la scène" ... en réalité on lui a souri probablement pour le séduire en prenant la scène comme prétexte,
qu'est-ce qui peut y faire penser ? le fait de sortir de voiture : pourquoi sortir de voiture ? il n'en est rien dit,
et pourquoi il n'en est rien dit alors qu'une profusion de détails sont donnés pour cette scène ? des questions que le lecteur est en droit de se poser,
on sort de voiture parce qu'on a vu derrière un homme et, sous prétexte de partager avec lui le comique de la situation, on lui sourit, mais la vraie intention est de le séduire
(il se peut très bien qu'il soit flatté par ce geste, mais là n'est pas la question, la question est l'honnêteté de ce qu'on lui présente et ce qu'il y en a en réalité )

on dira que je fais un procès d'intention,
je ne peux évidemment pas le prouver, mais quand on a
un peu l'expérience des femmes, un peu d'intuition, et qu'on remarque que cela se répète, on finit par avoir un doute sur la sincérité de l'auteur

pourquoi être sincère avec le lecteur ?
je ne sais pas pour les autres, mais moi, instinctivement, je n'ai pas envie de lire quelque chose dans lequel j'ai l'impression que l'on me ment

parce que mentir à quelqu'un c'est ne pas le respecter, ou c'est vouloir le manipuler, c'est-à-dire se servir de lui dans un but personnel tout en lui faisant croire qu'on fait quelque chose pour lui

or le but d'une écriture qui restitue quelque chose qu'on a vécu est de partager ce vécu avec le lecteur,

et quand il y a triche sur la restitution c'est que l'intention de l'auteur n'est pas de partager mais de manipuler

de quelle manipulation il peut s'agir dans le cas présent ?
celle, par exemple, d'attirer l'attention non pas sur ce qui est raconté mais sur la personne de l'auteur, la qualité de son écriture, la finesse de son observation, son esprit critique, sa culture cinématographique, son aisance relationnelle

et quand doute il y a, on peut l'étendre et supposer que le but entier de cette narration est pour l'auteur non pas celui de partager un morceau de vie, telle qu'il a pu l'éprouver, mais de se donner une image de soi gratifiante afin de la regarder et de la faire regarder par autrui, une sorte de mise en scène de soi que le spectateur est amené à applaudir,
il va de soi que cette intention peut être sousconsciente ou totalement inconsciente, il ne s'agit pas ici de faire de procès, d'incriminer etc mais de distinguer ce qui fait l'authenticité de l'art
il est non seulement talent mais aussi honnêteté de l'intention, qui est celle de faire part, de partager et non pas de manipuler

Écrit par : kidam | 12/12/2006

à vrai dire si je mets le texte en ligne pour le lecteur, je ne l'écris pas pour lui.

quant à ce détail de "sortir de la voiture", c'était pour me servir moi-même en carburant étant donné que l'employé et le patron étaient occupés, et que dans cette petite station chacun se sert très régulièrement, sans que cela fasse naître des soupçons ("mais pourquoi cette femme sort-elle de sa voiture ?? Elle veut se montrer ou quoi !!?")Je n'ai pas expliqué mes gestes dans ce texte, malgré la profusion de détails, veuillez me pardonner de ne pas vous avoir respecté.

je crois que cette obsession de savoir si mes textes peuvent être catalogués "art" ne concerne que vous. Je me demande si vous n'êtes pas "le sénégalais" qui me reprochait mon manque de sincérité à propos d'une pièce que je n'avais pas "mais que peut-être j'avais quand-même et que je ne voulais pas donner" et qui martelait sans cesse que mes textes n'étaient pas de l'art. En tous cas vous avez la même perception des choses que lui.

Soit. Je ne respecte pas le lecteur, mes textes ne sont pas de l'art, vous n'avez donc pas envie de les lire.

Merci de votre sincérité.

Écrit par : Fleur | 12/12/2006

Pourtant en lisant ce texte on imagine un peintre devant son chevalet, imaginant une scène , ajoutant la touche finale... avec détachement .

Écrit par : . | 12/12/2006

J'ai bien aimé ton post du 26/09/2005 intitulé "Critique", surtout la conclusion ... c'est vieux mais toujours d'actualité non ?!

Écrit par : syb | 12/12/2006

oh oui !! ;-)

Écrit par : Fleur | 13/12/2006

Hi hi hi... Quelle santé, dans mes bras Fleur , vous m'avez encore bien fait rire avec la réponse çi-dessus...
ESSENCE de l'art, ai-je envie de dire- par pure paresse...

Écrit par : koan | 13/12/2006

joli, Koan, vous êtes imbattable en jeu de mots...

Écrit par : Fleur | 13/12/2006

Oh non, celui-là il est nul...Mea culpa (ne pas confondre avec "meat coule pas"... Oops, pardon...:))) j'avoue, les stations service ne m'inspirent pas, ça doit être l'odeur.
Bientôt une robe rouge, sssiouplaît... ?

Écrit par : koan | 13/12/2006

oui mais on va encore dire que je cherche à séduire, et que ce n'est pas sain pour la relation lecteur-moi...
En plus je finis par tourner en rond, c'est vrai ce que dit Kidam.

Écrit par : Fleur | 13/12/2006

oui une robe rouge.... à l'opéra

Écrit par : ambre | 14/12/2006

Arrêtez donc de vous psoer des questions ! Gardez le peps spontané. Le reste n'est que de la littérature !

Écrit par : koan | 14/12/2006

vous avez raison, vivons !

Écrit par : Fleur | 14/12/2006

And cut !

Écrit par : Pulsar | 14/12/2006

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