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12/10/2006

Dans la peau de Zeus

Jeudi 12 octobre 2006.

 

 

            Croisé par hasard une batterie dans une salle déserte. Vérifié que j’étais bien seule. Approché la batterie à pas de velours de peur de l’effrayer. Pas trouvé les baguettes - les batteurs les gardent-ils dans leur poche, leur sac, une trousse, entre les dents à la façon des pirates ? Caressé de mes dix doigts les quatre caisses. Essayé les deux pédales – l’une a claqué les cymbales, et l’autre provoqué des coups de tonnerre. Me suis prise pour Zeus. Tapoté les cuirs tendus à mort. Le tour qu’aurait pu prendre l’expérience si j’avais eu des baguettes. La drôle de chose qu’est une batterie. La drôle de chose qu’est une batterie ! Tourné tout autour pour percer son mystère. Ressortie par la porte, gonflée d’importance : dans la peau de Zeus tout l’après-midi, après les faits.

            En fin de journée, j’ai éclaté en violent orage au-dessus de la ville, libérant le feu, l’eau, la lumière.

Commentaires

Belle réflexion sur l'art .

Écrit par : | 12/10/2006

John Bonham : "when the levee breaks"...Fleur qui boxe dans les nuées...Ah, cette volonté de puissance là, oui, elle est nôtre...
Vous cherchez l'ex-tase, c'est cela que je lis.

Écrit par : koan | 12/10/2006

Publié dans « musique » ? J’aurais cru dans « boxe » ! J’aime beaucoup cette absence stylistique de sujet, comme pour traduire le cheminement, déjà en cours, de la métamorphose. Et quoi de plus naturel, une fois dans la peau du grand Zeus, que de faire rouler les tambours – pardon les batteries – de l’orage !
En outre, la rencontre est pleine de délicatesse, avec un instrument par définition pourtant encombrant et bruyant ! On l’approche à pas de velours, on le caresse, avant de chevaucher ses terribles résonances ! On croirait presque la douceur féminine appliquée à attendrir le plus sauvagement viril des hommes ! Mais chacun sait que c’est pour lui emprunter sa puissance !...

Oui, il n’est pas permis d’en douter : tous les batteurs ont un dieu dans leurs baguettes ! Ah, insoupçonnée Fleur! Ca vaut une relecture ! ;-))))))))))

Écrit par : varna | 12/10/2006

un coeur gonflé par le pouvoir du tintamarre, nom de Zeus, une tempête de cymbales, la passion explosant de toutes parts !

Écrit par : anne | 13/10/2006

"Détruire!" dit-elle ....

.....

"Leucate : Leucade : le brillant du mot " détruire ", ce mot qui brille mais n’éclaire pas, fût-ce sous le ciel vide, toujours ravagé par l’absence des dieux. Et ne pensons pas qu’un tel mot, maintenant qu’il a été prononcé pour nous, puisse nous appartenir ou nous être recevable. Si la " forêt " n’est rien de plus, sans mystère ni symbole, n’est rien d’autre que la limite impossible à transgresser, cependant toujours franchie comme infranchissable, c’est de là – le lieu sans lieu, le dehors –que survient, dans le vacarme du silence (tel était Dionysos, le plus tumultueux, le plus silencieux), à l’écart de toute signification possible, la vérité du mot étranger. Il vient à nous, du plus loin, par l’immense rumeur de la musique détruite, venant, peut-être trompeusement, comme le commencement aussi de toute musique. Quelque chose, la souveraineté même, disparaît ici, apparaît ici, sans que nous puissions décider entre apparition et disparition, ni décider entre la peur et l’espérance, le désir et la mort, la fin et le commencement des temps, entre la vérité du retour et la folie du retour. Ce n’est pas seulement la musique (la beauté) qui s’annonce comme détruite et cependant renaissante : c’est plus mystérieusement à la destruction comme musique que nous assistons et prenons part. Plus mystérieusement et plus dangereusement. Le danger est immense, la peine sera immense. De ce mot qui détruit, qu’en sera-t-il ? Nous ne le savons pas.Nous savons seulement qu’il revient à chacun de nous de le porter, avec désormais à nos côtés la jeune compagne innocente, celle qui donne et reçoit la mort comme éternellement. "


".....

Écrit par : Blanchot, Duras | 13/10/2006

J'y comprend couic...

Écrit par : koan | 13/10/2006

"Trair vertical" !!!! Bienvenue. Merci pour la citation de Blanchot... Y a-t il du "détruire" dans la batterie ? Pas si sûr... La puissance à laquelle j'aspire n'est pas celle qui détruit. J'envie aux hommes leur puissance créatrice, au contraire,
comme le souligne le commentaire clairvoyant de Varna.
Koan, pour l'extase vous êtes spécialiste !
Ce "nom de Zeus", Anne, j'adore ! Et après la tempête de cymbales, un intimidant silence...

Écrit par : Fleur | 13/10/2006

Ah ? C'était vous le sujet ? Sorry !

Écrit par : | 14/10/2006

hé bien je ne sais pas, c'est à vous de me dire pourquoi cet extrait à la suite de ce texte...

Écrit par : Fleur | 14/10/2006

Ah ? alors si j'avais eu du mal à comprende c'est normal ???
Mais...alors je...je fais des progrès dans ma tête ? !!! Yes !
Fleur, MrBlue a trouvé un nouveau travail loin de chez lui, patience, il nous précisera tout.

Écrit par : koan | 14/10/2006

merci Koan, je commençais à me poser des questions...

Écrit par : Fleur | 14/10/2006

Vous ne savez pas ? Et bien moi-non plus . Sans doute est-ce le privilège de la musique que de chasser d'abord dans l'insensé ce qui se dérobe encore à l'intelligence .

Écrit par : | 14/10/2006

"Chasser dans l'insensé ?"

Écrit par : koan | 14/10/2006

Belle approche jolie Fleur ! Mais vous n'avez pas pu vous empêcher de laisser des traces sur les fûts... (rires) Venez à la maison je vous promets que les baguettes seront là pas loin sur la caisse claire et vous aurez droit à une initiation au "bruit" créatif.
En principe un batteur laisse rarement ses baguettes sur la batterie, surtout s'il doit jouer ensuite, c'est pour eviter les mauvaises surprises...

Content d'être de retout parmis vous !

ps1 : la prochaine fois utilisez le "velour de vos pas" (deviendrai-je poète à votre contact ?) pour passer un petit coup sur les fûts. (rires)
ps2 : la pédale qui sert à "claquer" les cymbles s'appelle la pédale Charleston...

Écrit par : MrBlue | 14/10/2006

Merci, Mr Blue pour tous ces détails, dites-moi maintenant de quelle matière sont faits les fûts... J'adorerais essayer votre batterie. Votre femme et vos enfants y jouent-ils ? Et vous, jouez-vous de la batterie de cuisine de votre femme ?? (j'espère qu'elle n'est pas féministe sinon elle ne trouvera pas ça drôle)

Écrit par : Fleur | 14/10/2006

petite Fleur, pas si fragile, qui à son tour déchaine les tempètes...

Écrit par : sios | 14/10/2006

la puissance de la fragilité aux yeux émerveillés! chaque mot est juste, précis et plein. que c'est bon à recevoir! ça fait sourire le matin de beauté. merci, Fleur.
bonne vie à vous.

Écrit par : kintana | 15/10/2006

J'aime beaucoup ton "après les faits"...
alors que tout ce que tu as fait était empli de douceur, de respect...
Et pourtant malgré cette douceur indéniable, il y a quelque chose qui monte et qui s'exprime dans les airs... et s'imprime dans nos mémoires ! Merci Fleur pour ce délicieux mélange !

Écrit par : kti | 15/10/2006

Sios, vous êtes de plus en plus rare !!! contente que vous soyez passé...
Kintana, merci, je te retourne le compliment ;-)
Kti, quand trouvera-t on une nouvelle "note" sur ton blog d'arbres ???

Écrit par : Fleur | 16/10/2006

Ben depuis 6 jours... ;-)
Bonne soirée à toi !

Écrit par : kti | 16/10/2006

Les fûts sont constitués de lamelles de bois (érable, bouleau, autres...) coller les unes aux autres et former en cylindre. C'est du lamellé-collé !

Écrit par : MrBlue | 17/10/2006

lamellé-collé, ça nous changera du copié-collé et autres papier collés ! Merci...
Kti, je sais bien, j'attends déjà la suivante !!;-)

Écrit par : Fleur | 17/10/2006

..."drôle de chose..." qu'une batterie en effets ! Lorsqu'on l'approche pour les premières fois...nos quatre (ho !) membres sont occupés, désemparés et déjà on ne sait plus où donner de la tête...(de la bête ?)
... S'agit-il de briser le silence et ses rythmes naturels, sa musique, en instaurant -de fait- une syncope, un swing ou une chalouppe ? La première place bien qu'en retrait ? Le feu, l'eau, la lumière...les peaux tendues...le vrombissement de la terre cuite ou du creux des arbres ?
Ces mains carressantes devaient faire un choix : un parfum frémissant d'Affrique qui s'insinue toujours à saisir ou les foudres Helènniques d'un Zeus toujours aussi insatiable...
Croiser par hasard (hum) une batterie dans une salle deserte...voilà qui relève déjà d'une belle supercherie ! Elle vous attendait ! J'en suis persuadé...C'était un complot que dis-je, un attentat ! On vous épiait croyez-m'en !
Blague-à-part -s'il vous plait- de quelle sorte de fleur vous sentiriez-vous le plus proche ? (vous n'avez pas droit aux Myosotis ! ni à l'aut' law...)
à bientôt...

Écrit par : Pessah | 18/10/2006

Hop ! Pardon pour AFFrique ! un bégaiement digital...

Écrit par : Pessah | 18/10/2006

j'aimebeaucoup ce commentaire, merci Pessah

Écrit par : Fleur | 18/10/2006

pour les fleurs, les fleurs sauvages, j'aime les giroflées, les coquelicots, les violettes, et tant d'autres (mais les myosotis avaient ma préférence, pourquoi n'y ai-je pas le droit ??)

Écrit par : Fleur | 18/10/2006

Oh c'est gentil ça ! :-)))
Je vais essayer de m'y mettre... mais j'attendais que quelqu'un ou quelqu'une trouve une de mes autres passions :o

Écrit par : kti | 18/10/2006

d'ailleurs je n'ai pas trouvé, je te l'ai écrit en comm il me semble...

Écrit par : Fleur | 18/10/2006

ah ? et moi qui réfléchissais à un deuxième indice...
Coquine va !
Encore bravo ! :-)))

Écrit par : kti | 18/10/2006

Simone, ce texte n'est pas une réflexion sur l'art, ce ne sont que des faits réels. Je ne parle jamais par image ou métaphore...

Écrit par : Fleur | 22/10/2006

Alors Fleur , vous me direz comment vous faites pour éclater vraiment en violent orage au- dessus de la ville, libérant le feu, l'eau , la lumière ?... Je suis très intéressée .

Écrit par : Simone | 22/10/2006

c'est simple, j'ai senti la tension et la puissance accumulées à la batterie se libérer lorsque l'orage a éclaté, j'ai assisté à ce déchainement par la fenêtre en sentant qu'il s'agissait d'un déferlement intime, il s'agissait vraiment de moi, (et je vous signale que je n'avais rien fumé). Capito ?

Écrit par : Fleur | 22/10/2006

Qu'une grande tension et de la puissance accumulées dans l'intime se déchargent avec la brutalité d'un phénomène naturel, je le comprends . Mais cela (l'orage, le séisme, l'irruption volcanique) reste quand même pour moi de l'ordre de la métaphore . Je vous écoute en tout cas .

Écrit par : | 22/10/2006

Pour vous, mettons. Vous n'avez jamais été (physiquement parlant) la pluie, l'arbre, l'orage ou la nuit, la mer et un vieux pin parasol ? J'ai du mal à vous croire. Nous sommes différents, visiblement...

Écrit par : Fleur | 22/10/2006

oui, il se fait visible que nous sommes différents .

Écrit par : Simone | 22/10/2006

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