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13/06/2006

Nietzsche

Mardi 13 juin 2006.

 

            A la banque, ce matin, Friedrich Nietzsche faisait la queue comme tout le monde. Entre lui et moi se tenait un homme noir aux jambes torses. Pendant les trente minutes d’attente, j’ai contemplé la moustache du philosophe, ses yeux lançaient des éclairs, et s’il croisait mon regard, il se tournait tout à fait vers moi, quelques secondes. Il a prévenu la femme au guichet : Je suis louche, avant d’ajouter d’une voix d’outre-tombe je peux même être dangereux, et les glaires ponctuaient ses phrases de roulements de tambours intimidants, alors que me revenait en mémoire cette phrase d’Ecce homo : Je ne parviens pas à être solennel, c’est tout au plus si j’arrive à paraître embarrassé.

Commentaires

Moi ce mec, je peux pas le sacquer. je l'aurais attrapé par la peau du dérrière en lui disant : Vas-y, fais le surhomme gros malin" , et je lui aurais foutu la grosse féssée qu'il mérite cul nu devant tout le monde. Tu veux qu'on soit "de ceux dont l'oeil cherche toujours un ennemi" ? Et bien tu l'as trouvé, petit chenapan pompeux ! Va t'étonner après avoit traîté tout le monde de molasson larmoyant de te retrouver tout seul dans ta "splendid isolation" à vitupérer tout seul devant un ciel indifférent pendant que l'humanité se détourne en hochant la tête et en secouant la poussière de ses pieds.
Dieu est mort ? parle pour toi !

Écrit par : khoan | 14/06/2006

Tiens c'est drôle, j'ai toujours aimé Nietzsche, malgré Dieu. J'aurais bien aimé voir la scène d'agression quand-même, j'aurais été impartiale, j'aurais compté les points, et vous seriez morts tous les deux d'épuisement !! Vous auriez fini tous les deux appuyés l'un contre l'autre et clopin-clopant, vous seriez venus vous rafraîchir chez moi !

Écrit par : Fleur | 14/06/2006

C'est curieux tout de même ! je ne vois jamais rien comme tout le monde... je n'ai retenu que l'homme noir aux jambes torses... parce que ça m'a fait penser à un livre qu'on m'a lu et relu tant de fois que je me demandais quand cela aurait de cesse... et son petit héros Bastien Balthazar Bux qui rentra un jour dans la boutique de livres d'occasion de Karl Konrad Koreander et qui lui déroba un livre qui le fascinait ...

Écrit par : holly | 14/06/2006

Oh, que non ! Je ne supporte ni l'un ni l'autre. Trop civilisationnels, trop Européèns, trop vandales, trop exaltés et pas pour une cause exaltante. Exaktés dans l'luusion, se payant de mots ! Même Sollers ne me le fera pas lire. Qu'on les fasse se battre entre eux, avec une potion de Panoramix ! Oh, non , nous ne serions pas morts d'épuisement; Washi-dé, coup de pied à la lune, marteaux, et pour finir oi-zuki, gyaku-zuki, oi-zuki et maiguerri. C'est fini.
Pour le karaté, faîtes-vous préciser les détails par MrBlue, il va vous estomaquer.
Non, je n'aime pas Nietzsche, je n'aime pas Wagner, je n'aime pas Beethoven, je n'aime rien de tout cet Occident
là...
Ainsi Fermera sa gueule Zarathoustra ! (c'est de l'humour)

Écrit par : khoan | 14/06/2006

Holly, raconte moi ça en détail, le petit Bastien Balthazar m'intéresse beaucoup !
Khoan, vous n'aimez pas non plus le rock occidental ?

Écrit par : Fleur | 15/06/2006

Pas plus que ça. Je n'ai pas la culture de la bière et des garages...Si vous ecoutez ce que je joue, vous entendrez souvent des gammes phrygiennes. Depuis 20 ans, le rock est devenu la tarte à la crême la plus insipide et commerciale qui soit, au point que Pagny, Dion et compagnie sont classés dans la catégorie rock. Dont acte, le rock, c'est bon pour les pubs de voitures et de gels à cheveux. Le rap passe son temps à s'auto-plagier (c'est la casquette qui fait le rappeur), le new-age ressemble à une pub pour papier toilettes, la techno a trahi en "redécouvrant" le rock, mais en fait, elle n'adule et de manière pas si désintéréssée que des braîllards maladroits duement deguisés en nirvana, revenus de tout, sans être jamais allés nulle part...
Honnêtement, je n'achête plus de disques. Je vais régulièrement sur le site http.www/ thinner.cc voir s'il n'y a pas un nouvel arrivage...
Vous vous souvenez de Colleen ? Voilà, ça, ça me va...
N'essayez pas de me montrer que je me contredis, il y a des choses que je respecte, mais ce n'est pas parce qu'on respecte un vieillard qu'il faut boire dans son verre...

Écrit par : khoan | 15/06/2006

" c'est une chose bien mystérieuse que les passions humaines et il en va de même en cette matière pour les enfants et pour les adultes. Ceux qui sont atteints ne peuvent pas s'expliquer et ceux qui n'ont rien vécu de semblable ne peuvent pas les comprendre. Il y a des hommes qui risquent leur vie pour venir à bout d'un pic de montagne. Personne, pas même eux, ne pourrait vraiment expliquer pourquoi. Il y en a qui se ruinent pour conquérir le coeur d'une certaine personne qui ne veut rien entendre. D'autres courent à leur perte parce qu'ils sont incapables de résister aux plaisirs de la table ou à ceux de la bouteille. D'autres encore renoncent à tout ce qu'ils possèdent dans l'espoir de gagner à un jeu de hasard ou sacrifient tout à une idée fixe qui ne se concrétisera jamais. Certains croient ne pouvoir être heureux qu'ailleurs que là où ils sont et passent leur vie à courir le monde. Il y a des gens, enfin, qui n'ont de cesse de devenir puissants. Bref, il y a autant de passions différentes que d'individus.
La passion de Bastien Balthazr Bux, c'était les livres...
Qui n'a jamais passé tout une après-midi sur un livre, les oreilles en feu et les cheveux en bataille, à lire et lire encore, oublieux du monde alentour, insensible à la faim et au froid."
( extrait )

Écrit par : holly | 15/06/2006

Reponse à votre com (je la colle, vous pourrez la suprimer ensuite )
Le choix de la sédentarité systématique, de l'urbanité systématique, ce goût typiquement païen de la PUISSANCE confondue avec la vérité, cette recherche désordonnée de l'AVOIR à laquelle on sacrifie l'être, le bonheur diminué en tiède et vague "bien-être", le mercantilisme et la cupidité devenus oppressions aveugles, le pillage de la nature, comprise faussement comme opposée à l'esprit, la propension historique à la conquête (toujours ce goût de la puissance qui cache en fait ce besoin qui est aussi un aveu, de se croire ELU) Ce mépris pour l'individu compris faussement comme opposé au groupe, ce militarisme qui masque une peur native de la vie, ce déni du vivant que constituent les calculs de masse, les destructions démentielles de l'industrie, toutes ces fleurs du mal témoignent le l'inadaptation chronique de l'Occident au réèl. Et pourquoi ? A cause d'une seule chose, qui est à la fois une illusion, une pathologie et un péché : l'orgueil. Vous les entendrez toujours redire les phrases telles que "Grands" projets, "Grands" plans, "Grandes" ambitions... Ce penchant à la folie des grandeurs, c'est précisément ce qui fait que l'Occident est païen. Cette idéologie, à demie paranoïaque (l'autre ne peut qu'être un adversaire- j'ai peur, l'autre est une menace ) trahi une CHUTE hors du mouvement essentiel/naturel de l'existence dont ce mode de vie -finissant- actuel, urbain, sale, désocialisant, trépidant, enucléant, disjonctif est à la fois le signe et la punition. Car nous sommes tout à fait liés dans ce mode de vie; sans plus de possibilité de prendre un recul salutaire vis à vis de lui , nous sommes entraînés dans le mouvement d'une entropie que nous feignons de contrôler mais qui nous a échappé depuis longtemps. Et moi, tapi dans l'ombre, j'attends que ce train lancé à l'aveugle et à toutes vapeurs dans cette spirale funeste déraille enfin, de sorte que peut-être une nouvelle attitude par rapport à la vie et aux êtres puissent succéder aux délires de cette folie collective grandiloquente. Car le but de tout ce capharnaum , c'est au fond et inconsciemment un désir de faire en sorte que l'humanité oublie Dieu et ne s'en prête que plus facilement aux séductions trompeuses d'un commerce dont elle attend des consolations et des compensations à son désespoir secret, mais qui ne viendront jamais...

Écrit par : khoan | 15/06/2006

Nous sommes d'accord, Khoan, et c'est bien ce que Nietzsche a proclamé, "Dieu est mort", Il est bel et bien mort dans l'âme de l'humanité. Il n'en reste qu'une poignée pour qui Il est ressucité. Nietzsche est lucide.

Écrit par : Fleur | 15/06/2006

Holly, je veux le titre du livre si c'en est un !!!!!!!!!!!!!

Écrit par : Fleur | 15/06/2006

" Bastien s'imaginait ce qui se passerait s'il se trouvait soudain devant eux... avec son gros corps, ses jambes torses et son visage crayeux. Il voyait très bien la déception qui se peindrait sur les traits de la Petite Impératrice quand elle lui dirait : " mais qu'est-ce que tu vien faire ici, toi ? "
Peut-être même qu'Atreju rirait. A cette pensée, le rouge de la honte lui monta aux joues.
Ils s'attendaient certainement à voir surgir quelque héros, un prince ou quelqu'un de ce genre ! Bastien ne pouvait pas se montrer à eux, c'était tout à fait impossible... "

( l'histoire sans fin... )

Écrit par : holly | 15/06/2006

le roman de Michael Ende raconte l'histoire d'un monde créé par l'imagination des hommes et qui se meurt car ceux-ci ne rêvent plus...

Écrit par : holly | 15/06/2006

@ Fleur. Vu sous cet angle, je m'incline.

Écrit par : khoan | 15/06/2006

Encore moi... Oui, mais il a chanté l'eternel retour ( ce que d'ailleurs l'Ecclesiaste a fait avant lui)... C'est ça qui me colle les abeilles... Fait gaffe, Nietzsche, me cherche pas ,la dernière fois que j'ai pété j'ai déchiré mon slip !

Écrit par : khoan | 15/06/2006

Holly, merciiii, rajouté sur la liste des délices littéraires estivaux...
Moi, l'homme aux jambes torses me rappelerait plutôt l'étudiant du "Procès" de Kafka. Oui, je sais, ils réussisent à nous intoxiquer en littérature. On voit les quatre oeuvres au programme partout. Désolée.

Écrit par : mimylasouris | 17/06/2006

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