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06/03/2006

Clin d'oeil

Lundi 6 mars 2006.

            Hier à l’aube, Apollon cramoisi pour sa propre gloire, quelques heures avant que je ne découvre un joyeux hommage à Philippe Muray.

            Hier encore, le clochard au fond de l’église s’enfilant une longue rasade salvatrice de piquette rouge, au goulot, au beau milieu de l’Agnus Dei, et à l’autre bout du banc, écœuré par les vapeurs d’alcool, un vieux monsieur distingué se mouchait dans un carré de coton fin.

            Quelques jours auparavant, vision fugitive d’arbres aux attitudes si humaines que j’ai cru de tout mon corps et de toute mon âme au mythe de Daphné, le temps d’un clin d’œil.

Commentaires

La mort de Philippe Muray est quasi-ignorée par nos médias qui ne perçoivent pas son importance. Il y a bien quelques articles ici ou là mais cela ressemble la plupart du temps à un hommage à un ennemi dont on est bien content de ne plus avoir à le combattre. Je rends hommage sur mon blog et je vois que je ne suis pas le seul. Heureusement!

Écrit par : Capulet | 06/03/2006

Oui, j'ai aussi lu votre texte, mais je crois qu'au contraire les médias ont bien perçu l'importance de l'écrivain, et donc celle de lui donner le moins de place possible ;-) Merci de votre passage...

Écrit par : Fleur | 06/03/2006

Je suis d'accord avec vous Fleur... ils en ont trop perçu l'importance... merci de lui rendre hommage, nous ne serons jamias assez...
Et juste au passage, malgré votre long arret votre style demeure constant et c'est toujours avec autant de plaisir que je vous lis

Écrit par : sios | 06/03/2006

Merci Sios moi je lis vos gentils commentaires avec toujours autant de plaisir !

Écrit par : Fleur | 06/03/2006

Merci... c'est toujours avec plaisir

Écrit par : sios | 07/03/2006

Tout le plaisir est pour moi
(ça peut continuer longtemps comme ça ;-) )

Écrit par : Fleur | 07/03/2006

je suis touché par votre désir de ne pas partager la solitude;
je vous prête cet arbre qui ne se prêtait à personne

(...)
aujourd'hui je grimpe dans les sentiers du Labyrinthe vers le palais d'éros
j'ai rendez-vous à mi-chemin avec l'arbre immense qu'à planté Buffon
c'est un cèdre je crois bien un cèdre du Liban
et le voici il s'enfuit de mon plaisir à toute vitesse en tourbillonnant
il est immobile il est dense je le touche je ne le sens plus
je me demande combien de temps je serais là encore combien de temps je suis déjà là
je touche l'arbre il s'enfuit fuit il coule il disperse je regarde il est plus là
pas là parti coupé il est là il fuit je regarde il ne veux pas je vois rien
je suis aveugle
je veux le voir le toucher il gigote dans ma vision qui ne touche rien
qui ne voit rien il me méprise il me hait il ne se laisse pas faire
il ne me participe pas je veux plus je veux pas il rigole il rigole
le compost jaillit dans le coin de mes yeux
la tache blanchâtre d'une robe méthodique passe et ne voit rien
d'abord c'est par la bouche que le blanc me pénètre puis c'est pas le vagin
puis par les taches par les trous par les fiches électriques

une feuille ensanglantée est tombée d'un autre arbre guillotinée par le chant d'un oiseau
tout le temps de sa chute je m'élève en hostie par dessus le compost du jardin
je n'ai plus d'air je vole parmi les étoiles glacées qui dorment derrière le soleil
je retombe et les fourmis m'émiettent
mais non je n'ai pas bougé je ne bougerais jamais je suis le sphynx à la face dévorée
par les vents humides du Nil
je ne suis pas d'ici mes rois ne sont pas les vôtres
et la mort ne sera pas pour moi comme elle fut pour les vôtres
je frotte à m'arracher la peau l'espace entre mon pouce et mon index sur la peau de l'arbre
planté par Buffon le Cèdre du Liban
je vois à mi-hauteur du tronc le moignon immense d'une branche
et c'est moi c'est ma vie c'est mon oeil crevé
c'est mes prises et mes trous et mes fentes et mes pointes
et mes golfes d'aden

c'est l'émoque: c'est à dire c'est moi l'émoi c'est l'époque
l'arbre s'est enfui de ma main de l'émoque dérobé mon moignon
la tache blanche la tanche l'atlante de la mécanique enjupée a conquis le monde
(...)

Écrit par : michel | 07/03/2006

Et après, on dit que mon blog a des allures de fan club ? ;-p

Au fait, bon anniversaire de blog, Petite Fleur !

Écrit par : Pulsar | 07/03/2006

Effectivement ça pourrait durer longtemps... :-) Mais qui s'en plaindra ? ;-)

Par la même je m'associe aux voeux de Pulsar...

Écrit par : sios | 07/03/2006

Michel que je ne connaissais pas encore, merci pour ce morceau de poésie !! Si vous cliquez sur Zarbrzarbi dans mes liens, vous rencontrerez une amoureuse des arbres. A mon tour je suis allée faire un tour chez vous, mais ily a tant à fouiller !!
Pulsar, merci d'y avoir pensé, je n'y avais pas fait attention !!! "Petite Fleur" ça m'évoque le morceau de Sidney Bechett, j'aime...
Sios, personne ne s'en plaint, et je suis chez moi après tout !;-)

Écrit par : Fleur | 07/03/2006

Les commentaires sont fermés.