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05/01/2006

Vivre et mourir

Jeudi 5 janvier 2006.
 
                Face au miroir, sans fard, telle que je suis, mais qui suis-je ?, il disait la Femme qui pleure de Picasso, mais c’était lui qui me faisait pleurer. Face au miroir, le reflet est renversant. Je suis Celle qui ne sait pas rendre heureux, je suis Celle qui étouffe. A présent que je me suis contemplée sous vos regards, je réclame mon sabre. Mon sabre, ni le revolver ni la corde, encore moins le poison des femelles ou le médicament des dépressifs, j’exige mon sabre : je veux périr par lui. Que ce phallus impérieux me dénoyaute, que ma bile se répande, que je rende enfin aux charognes cette âme débile gangrenée par mes insanes émotions. Je suis l’être disparate qu’il dit, je suis tout ce qu’il a dit et bien pire encore. Je mets au défi l’œil averti de distinguer mon cœur mis à vif de celui mis à nu d’un sanglier. Ni commentaires ni consolations. Je ne suis pas de celles qui écrivent un poème pour draper leur charmant désespoir. Je suis d'une lignée de fous, d'une race marquée au front, d'une race que l'on raille. Vous ne me saviez pas si Sardanapale, mais vous, si plein de vigueur et d’attraits, qui m’avez épiée jusqu’à ma fin, crevez à votre tour.

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