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02/12/2005

Noir

Vendredi 2 décembre 2005.

            Dans ce café, contre la vitrine comme une poupée à vendre – mais je ne suis pas à vendre – j’attends une vieille amie. Dans la rue, un homme passe, que je connais de vue, je le salue presque tous les jours. Je détourne le regard, parce que je le crois homme à s’émouvoir facilement, et que mes sourires réguliers lui sont peut-être déjà montés à la tête. J’épie sa silhouette dans mon champ de vision, je comprends à son rythme brisé qu’il m’a vue. L’instant d’après il est debout face à moi, hagard – mais Monsieur P. qui est un homme rectifiera plus tard angoissé ? Il ne sait pas s’il doit s’asseoir, s’il me choque, si je vais hurler, m’enfuir. Il a le souffle court, je l’observe, c’est le moment où une héroïne de film noir se cale contre son dossier, allume une cigarette sans ciller, croise les jambes, souffle un long trait de fumée. Elle tient haut sa cigarette entre le majeur et l’index, le geste est nonchalant et pourtant calculé, et alors, et seulement alors, elle susurre à l’homme qui lui fait face ne tombez pas amoureux de moi et à la seconde, l’homme est foudroyé d’amour.

            Je ne suis pas cette joueuse, je me contente de calmer le pouls de l’homme, je lui parle de cette interview de lui, dans un vieux journal, de sa vision des choses, il disait le théâtre est une résistance, et je conclus ma sympathie pour vous vient de là. Il parle, et en parlant se dénouent les nœuds de l’angoisse, jusqu’à ce que ma vieille amie arrive enfin, le prenne pour l’un de mes amis et lui claque deux bises sans façon. Je souris, il ne me dit pas au revoir en me quittant, mais merci.

Commentaires

L’ héroïne de film noir, la lèvre moqueuse apprend le sifflement aux hommes.
Ca peut d’étendre l’atmosphère aussi …

Écrit par : diableauvent | 02/12/2005

C'est ta propre stratégie ?

Écrit par : Fleur | 02/12/2005

une Marla Singer un peu moins déjantée, un peu plus équilibrée et beaucoup plus classe... heureusement que toutes les femmes ne sont pas de la sorte, le monde seait intenable.

Écrit par : sios | 03/12/2005

Waouh ! J'aime ces phrases. Vous devriez publier vos notes.

Écrit par : all_zebest | 03/12/2005

Sios,ces femmes sont renversantes, non ?
All, quand je mets en ligne une note sur mon blog, je dis pompeusement que "je publie un texte" ;-) (votre exclamation me fait plaisir...)

Écrit par : Fleur | 03/12/2005

S'imaginer héroïne d'un film noir n'est-il pas un premier pas vers le jeu...?

Écrit par : Pulsar | 03/12/2005

Oui Fleur... elles sont proprement renversantes... et par la même terriblement attirante...

Écrit par : sios | 03/12/2005

Pulsar, tu sais que ton "e-rateau" m'a un peu fait l'effet d'une version masculine de ce texte ?!! Il s'agir pê de jeu, de ma part aussi, tu as raison...
Sios, vous êtes une victime idéal pour ces femmes fatales ;-)

Écrit par : Fleur | 04/12/2005

> Heu pardon détendre !
Non ce n’est pas ma stratégie ! Seule la très belle Lauren Bacall dans son tailleur à carreaux peut dire à un homme « you just have to whistle if you need me » !

Écrit par : diableauvent | 05/12/2005

Lauren Bacall, évidemment...Vous ne trouvez pas qu'elle a un air de Umah T., dans les traits du visage ??

Écrit par : Fleur | 06/12/2005

Elles ont toutes les deux des visages magnifiques, aux limites de la beauté.

Écrit par : diableauvent | 07/12/2005

A la limite oui, mais pas beaucoup plus loin.

Écrit par : Newbie Ocean | 07/12/2005

"Le theatre est une resistance" Resisting to what ??? Damn Frenchmen. Cafés, ideas, sissy thoughts and then, in the end, rancor and bitterness.

Écrit par : Tricky Dick | 08/12/2005

"Tricky Dick" Nixon ???

Écrit par : Fleur | 08/12/2005

Les commentaires sont fermés.