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13/04/2005

Ralph et Tim

Mercredi 13 avril 2005.
J’ai un petit sac à dos Ralph Lauren, un cadeau, qui fait que l’on me prend pour une fille riche. J’ai connu un brocanteur qui ressemblait à Tim Robbins. Sa boutique était sens dessus dessous, sombre, il fallait enjamber les vieilles bottes d’une comtesse russe, contourner le guéridon à spiritisme dix-neuvième sans renverser le service à thé années folles, mais on avait le droit d’essayer le piano mécanique de 1909 qui arrivait tout droit de Chicago. Tim Robbins voulait m’aider, si je le désirais, peut-être que je cherchais quelque-chose de précis, avais-je vu ces jumelles de théâtre en corolle, « pour jeune-femme fleur » ? Et lorsque je lui ai dit que c’était mon prénom, il a déniché cette drôle de binette en forme de cœur, « pour jardinier amoureux ». Non, je n’avais jamais rien vu, et je voulais qu’il me raconte tout ce que je lui désignais du doigt. Il inventait des usages farfelus à chaque objet, et riait parfois tout seul sous la visière de sa casquette en jean. Je me rappelle m’être pavanée dans son capharnaüm, je me rappelle avoir dansé autour de lui, en flirtant avec l’ombre de sa casquette sans jamais vouloir la franchir, je me rappelle son réflexe pour rattraper une pile de petits moules de métal qu’il avait heurté, je me rappelle sa jubilation en constatant que pas un ne lui avait échappé.
-« Vous avez vu ce réflexe ?! J’adore quand ça m’arrive ! »
Et moi j’adorais que ça lui arrive juste là, sous mes yeux, et je voulais acheter quelque-chose en souvenir de ce réflexe-là, de cette jubilation-là.
Je lui ai demandé de me montrer tout ce qu’il avait à très bas prix, mais « avec mon petit sac Ralph Lauren », il avait du mal à croire que je n’étais pas riche. J’ai fini par trouver, il a enveloppé de papier de soie un minuscule verre à pied, je suis sortie de sa boutique avec à la main ce symbole fragile mais intact.

Commentaires

Une journée avec Tim Robbins, tu vas en faire des jalouses, même si c'est un faux Tim.

Écrit par : Whispers | 14/04/2005

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