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17/03/2005

En avoir ou pas

jeudi 17 mars 2005.
Comme toujours après les journées en jupe courte, le désespoir de m’être grisée de regards sans avoir pu toucher du doigt l’âme de l’autre. Je croyais les hommes si forts, et je les admirais au point de vouloir en être un, je voulais être forte comme un homme, boxer comme un homme, penser comme un homme. Je méprisais les armes des femmes (feintes, aveux de faiblesse, minauderies et fuites soudaines dans un éclat de rire…), j’étais la sœur des hommes à défaut d’en être un. J’étais la femme du côté des hommes, et j’avais trouvé dans ma propre âme un double masculin que j’avais baptisé Zanzerro. Il prenait ma place en cas de coups durs, il encaissait pour moi.
J’ai vu que les hommes ne savaient pas que faire d’une femme de leur côté, alors à défaut d’en être un, je devais les ensorceler. J’ai pris les armes de filles, jupe courte et sourire, regards appuyés. Je les ai vus pris au piège et ce qu’ils disaient de moi n’était pas la vérité. Ils ne voyaient ni ma vanité ni ma vacuité ni ma fatuité, ils ne discernaient qu’une candide allumeuse que dans leur lyrisme ils appelaient « mystérieuse ». C’était trop facile. Je les croyais si forts et j’enrageais de les découvrir si faibles, si prompts à se damner pour une jupe courte.
La question n’est plus celle d’Hemingway, « en avoir ou pas », la question a disparu. Il ne reste qu’une solitude inouïe.

Commentaires

Facile ?
Peut-être quant à la séduction.
Son secret est la vacuité. La profondeur illusoire et vide d'un miroir est le piège idéal pour le narcissisme qui est le premier moteur en ses matières. Si, en plus, le reflet est beau, il est clair que le tour est joué.
Cependant, la difficulté commence au-delà. Et il est non moins certain que la séduction et son vide corrélatif deviennent rapidement un handicap, en tous cas si l'on cherche autre chose que la projection cannibale.

Écrit par : Anaximandrake | 17/03/2005

C'est vrai, Anaximandre (ake), c'est bien ce qui me rend amère... Mais il peut y avoir, malgré la séduction, de rares mais précieux moments où l'on touche autre chose, où s'échange un regard "d'homme à homme".

Écrit par : Fleur | 18/03/2005

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