Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

22/02/2005

Drague mineure

mardi 22 février 2005.
Pourtant j’étais à l’écart du « skate-parc », et je tournais le dos à tous les ados cascadeurs. J’ai essayé la descente debout, une fois, avant de m’asseoir sur le mur pour regarder les progrès des trois gais lurons d’hier. La grande affaire qu’était la descente d’une marche, d’en apprivoiser les mesures, les angles, les résonances, jusqu’à les connaître dans leur chair. Et alors garder l’équilibre, planer une demie seconde avant de heurter le bitume à nouveau, négocier le virage, sourire en passant la planche au suivant.
Un petit gars est venu marcher sur nos plates bandes, on lui a laissé de la place, en louchant sur ses effets de style, je lui ai souri, il avait à peine quatorze ans. D’emblée j’ai aimé sa planche défoncée, ses fringues sans marques, « pas un frimeur », je me suis dit.
Tu parles. En moins de trois regards, il est venu s’asseoir à côté de moi, le plus jeune des lurons (six ans) a rappliqué à toute vitesse pour se coller contre moi. Il a fait quelques remarques sur le fait qu’il faut de l’entraînement, pour sauter les marches allègrement, il m’a expliqué qu’il arrivait de Marseille, où il était passé sous un bus, deux ans de fauteuil roulant, je lui ai demandé quel âge il avait, « Dix-sept ans », il me l’a dit en me regardant dans les yeux, avec sa frimousse de môme qui finit par croire lui-même à ses bobards, je n’avais plus qu’à détourner le regard, pour lui éviter un mensonge les yeux dans les yeux. Il a sorti un paquet de cigarettes, il a dit « Ca vous dérange si je fume ? », et en en sortant une, il en a fait tomber deux autres par-terre. J’étais touchée par sa maladresse, j’ai tourné la tête par délicatesse, pendant qu’il les ramassait, je ne pouvais pas croire que ce gamin me draguait. Il était planté devant moi, « Vous fumez ? », silence, « Non…merci », planté devant moi, qu’est-ce qu’il pouvait bien attendre d’une femme deux fois plus âgée que lui, il jouait à l’homme, dans ses baskets aux lacets défaits, sa main tremblait pendant qu’il tirait sur sa clope, et finalement l’homme qui vit avec moi est arrivé et m’a enlevé au gamin sans lui jeter un regard. Le petit gars le fixait des yeux, cherchait le duel d’homme à homme, mais il n’y a pas eu le droit.
Le bleu du ciel, le long du parc, « Dix-sept ans, tu parles ! »

Commentaires

C'est très touchant parce qu'en fait on est très sérieux quand on a dix-sept ans.

Écrit par : Anaximandrake | 22/02/2005

le truc c'est qu'en fait il avait tout juste 14 ans si j'ai bien compris.

Écrit par : Axis | 22/02/2005

Ben oui, justement il avait pas 17 ans.

Écrit par : Newbie Ocean | 22/02/2005

Mais : "on n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans", n'est-ce pas ? ( Rimbaud) D'après moi, il en avait à peine quatorze, mais il était très touchant quand-même.

Écrit par : Fleur Dorcas | 23/02/2005

C'est justement parce qu'il disait avoir dix-sept ans qu'il était sérieux.
Fleur, pardonnez-moi si d'aventure je vous offense en parodiant Rimbaud.
En tous cas, je suis touché que vous l'ayez été.

Écrit par : Anaximandrake | 23/02/2005

Non, je ne suis pas offensée, j'ai juste l'impression d'avoir perdu un round contre vous, parce que je n'avais pas saisi que vous faisiez allusion à Rimbaud ! ;)))

Écrit par : Fleur Dorcas | 23/02/2005

Vive le flower power !

Écrit par : Anaximandrake | 23/02/2005

L'amour, n'a pas d'age. C'est bien connu.

Écrit par : Whispers | 02/03/2005

Les commentaires sont fermés.