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11/02/2005

JP

vendredi 11 février 2005.
Il y a ce type qui arrête sa camionnette blanche, sans se soucier de la loi des feux, au carrefour. J’attends que le mien passe au vert, dans ma 106 pourrie, et je le regarde puisqu’il me regarde. Il baisse sa vitre. Je l’imite. Il enlève ses lunettes de soleil, il réclame mon attention. A travers les trois voies qui nous séparent, dans le ronronnement des pots d’échappement, il crie : « Jean-Pierre est malade ! »
Pour gagner du temps, je réponds « Pardon ? », en consultant dans ma mémoire les fichiers « homme-au-volant-d’une-camionnette-blanche » et « Jean-Pierre ». Avant qu’il ne réponde « Jean-Pierre !… Il a une migraine ! » en cognant Toc ! Toc ! contre sa propre caboche, je suis certaine de ne connaître ni Jean-Pierre ni conducteur de camionnette blanche.
Flemme infinie de me lancer dans des explications au milieu du carrefour. Je souris et un signe de tête lui assure que j’ai bien enregistré l’information. Je me répète à moi-même « OK, Jean-Pierre est malade… ». Je m’amuse de cette anecdote et je m’attends toute la journée à me faire apostropher par une femme qui me ressemble « Vous savez ce qu’il a , Jean-Pierre ? ». Mais rien ne se passe. Monsieur I. n’est pas à la sortie de l’école. S’appelle-t il Jean-Pierre ?
Seule hier au cours de boxe, avec le prof, un futur prof et un vieux boxeur ex-finaliste des J-O de je ne sais quelle année. Entraînement intensif pour moi, ils n’ont aucune pitié. Le vieux boxeur aux 90 kilos de gras de bidon perd de vue quelques minutes que je suis une femme en cours de « boxe éducative ». Il hurle ses conseils, il m’exhorte à frapper plus fort plus vite plus sec, il me prend, je crois, pour un jeune boxeur dont il doit faire un champion. Moi-même je ne sais plus très bien qui je suis, je frappe, je vrille mes coups, je peaufine mon direct, je suis dans une petite salle de boxe, je suis le futur champion, je suis Edgar Zanzerro, et je hais mon entraîneur. Je suis étourdie à la fin de la séance, je reprends timidement ma peau de Fleur, je remercie et je file sous la douche.

11:25 Publié dans Boxe | Lien permanent | Commentaires (0)

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