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10/02/2005

Boxe

jeudi 10 février 2005.
Jusqu’au dernier des amateurs oublié au fond du vestiaire. Jusqu’à la gueule tapée la moins stylée. Tous, sans exception : les boxeurs sont mes rois.
Ils roulent des mécaniques en montant sur le ring et jusqu’au « Boxez ! » libérateur, ils s’ébrouent plus qu’ils ne s’échauffent pour se débarrasser de la gravité de l’instant Les mini-drames des boxeurs amateurs, et pourtant leur grandeur, leur sens du mythe, leur glorieuse solitude dans les projecteurs en couronne. La musique assourdissante à leur entrée sur le ring est entrecoupée d’annonces publicitaires entre deux reprises. Pendant les rounds elle est remplacée par les cris des filles survoltées. Elles trépignent, lancent un prénom, ferment les yeux les écarquillent, jugent les boxeurs à leur mine plus qu’à leur technique. Ceux qu’elles n’aiment pas, dont je m’empare alors.
Comme par exemple celui qui m’offre le premier knock-down de ma vie, après l’émotion des coups, des suffocations, des abandons, des victoires. Après un combat équilibré, sur un cochet court du bras avant de son adversaire, il est étendu au tapis en une fraction de seconde. Il n’y a pas eu de chute, il était debout et l’instant d’après, sans transition, il était à terre. Il relève la tête, il a le regard innocent des boxeurs sonnés, son adversaire jubile et s’auto-congratule, mon cœur est pulvérisé.
Je les regarde, ils sont de sueur et de solitude, mes boxeurs, et le cul posé sur les gradins des spectateurs, j’envie en silence leurs minutes de combat : pour la sensation exacte que procure la boxe.
Aujourd’hui je ne vis que pour mon cours de boxe, de 18 à 20 heures.

15:00 Publié dans Boxe | Lien permanent | Commentaires (0)

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